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mercredi 11 juillet 2012

Le sens des titres, ou la banalisation d' un acte particulièrement ignoble.

La veille de la venue à Reims de la Chancelière allemande, 51 tombes du cimetière allemand de Saint-Etienne-à-Arnes(Ardennes) avaient été profanées, suscitant une juste indignation. Voilà que les auteurs de ces actes viennent d'être retrouvés après une rapide enquête.
Le titre, dont la fonction est de résumer l'évènement, est tout de même surprenant puisqu'on rapproche"saccage du cimetière"  et "quatre fêtards".
Peut-on légitimement reprendre, d'ailleurs sans guillemets,  le signifiant de "fête" indiqué par les jeunes  sans diminuer de fait la gravité de l'acte? La photo d'ailleurs est là pour témoigner: plus de croix détruite, mais des bouteilles cassées.

Si une inscription à caractère raciste avait été mise sur le mur d'un cimetière juif ou musulman par quelques jeunes acquis à l'idéologie nazi, ou simplement par des provocateurs , il est probable que la presse, les partis politiques au pouvoir auraient crié aux loups, en faisant l'amalgame entre ces individus, évidemment condamnables et méprisables , et les partis et mouvements qui, au sein de l'opposition nationale et identitaires essayent de faire entendre leur voix.

Là rien de tel, pas de nationalistes à mettre en examen, alors on peut titrer que ces actes ont été faits par des fêtards, comme si c'était faire la fête que de casser des croix dans un cimetière...Il est vrai qu'il ne s'agissait que de croix...

"Cimetière allemand saccagé / Quatre fêtards en garde à vue

Publié le mercredi 11 juillet 2012 à 09H50 


SAINT-ETIENNE-à-ARNES (Ardennes) Quatre jeunes, deux mineurs et deux majeurs ont reconnu leur implication dans la profanation des tombes du cimetière allemand de Saint-Étienne-à-Arnes. Ils avaient bu beaucoup d'alcool pour fêter la réussite au bac de l'un de leur copain. Ils seront présentés, aujourd'hui devant le juge des enfants pour les mineurs et devant les juges du tribunal correctionnel pour les majeurs. Ils encourrent  dix ans de prison.
L'AFFAIRE de la profanation de 51 tombes du cimetière allemand de Saint-Etienne-à-Arnes a fait couler beaucoup d'encre, d'autant qu'elle avait eu lieu la veille de la venue à Reims du président de la République François Hollande et de la Chancelière allemande Angela Merkel à l'occasion du 50e anniversaire de la réconciliation franco-allemande. Le premier à avoir condamné cette profanation a été le préfet des Ardennes, Pierre N'Gahane qui dans un communiqué s'était insurgé contre les auteurs de cet acte inqualifiable : « Quelles qu'en soient les raisons qui ont amené à de tels comportements, j'entends les condamner fermement ».
Le jour de la cérémonie de la réconciliation, le président de la République avait aussi condamné les faits : « Aucune force obscure, et encore moins la bêtise qui lui prête souvent son concours, ne pourra altérer le mouvement profond de l'amitié franco-allemande ».

Une association allemande chargée d'entretenir les sépultures de soldats allemands en France avait déposé plainte à la gendarmerie de Machault.
Du coup, pour apaiser la tension suscitée par cette profanation, le parquet de Charleville-Mézières a mis en place d'importants moyens pour trouver rapidement les auteurs de cet acte inqualifiable. Dès dimanche, une vingtaine d'enquêteurs du groupement de la gendarmerie des Ardennes ont été déployés sur le terrain. Ils ont reçu le renfort de la section de recherches de Reims et des spécialistes de l'Institut de recherches criminelles de la gendarmerie nationale (IRCGN) de Rosny-sous-Bois.

Une mobilisation qui a porté ses fruits dès lundi soir. En effet, les quatre individus impliqués dans la profanation des tombes du cimetière allemand de Saint-Étienne-à-Arnes se sont rendus spontanément accompagnés de leurs parents au commissariat de police de Reims. « C'est sur les conseils de l'avocat du père de l'un d'entre eux, qu'ils se sont rendus au commissariat de Reims », a déclaré Daniel Bouriaud lors d'une conférence de presse en compagnie du colonel Nicolas Blériot, commandant du groupement de gendarmerie des Ardennes.
Les quatre auteurs présumés, deux majeurs de 18 et 19 ans ainsi que deux mineurs de 17 ans ont été placés en garde à vue à la compagnie de gendarmerie de Vouziers et seront présentés, aujourd'hui, devant les juges du tribunal de Charleville-Mézières en procédure de comparution immédiate pour les majeurs et devant le juge des enfants pour les mineurs.

Qui sont ses jeunes ?

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne s'agit pas de délinquant car ils ne sont pas connus des services de police et n'ont aucun antécédent judiciaire. Ils habitent le canton de Machault et le soir des faits, ils fêtaient, tout simplement, la réussite au Bac de l'un d'entre eux.

« Sur le déroulement des faits, leurs auditions correspondent aux constatations techniques qui ont été faites sur le terrain, ce qui corrobore malheureusement l'impression que le parquet avait de cette affaire dès le départ C'est-à-dire qu'un certain nombre de jeunes se sont réunis dans ce coin du cimetière pour fêter. Ils ont apporté sur place ce qui est indispensable, selon eux,.à une fête réussie, c'est-à-dire beaucoup d'alcool. Ils ont donc beaucoup bu. Alors qu'ils chahutaient, l'un d'entre eux est tombé sur une croix et l'a cassée. Ils ont trouvé cela très drôle et ils ont continué à en casser d'autres pour atteindre 51 croix au total », a expliqué le procureur.

Certains reconnaissent avoir brûlé des croix en les mettant dans le feu de camps qu'ils avaient monté. Deux autres personnes ont été entendus dans cette affaire leur témoignage sera intéressant pour préciser les conditions dans lesquelles les faits se sont déroulés. En effet, le soir des faits ils étaient six au total à participer à la fête. Mais deux d'entre eux n'ont pas voulu passer la soirée sur place et sont partis vers 1 heure du matin.

Pour ce qui est de l'affaire des tags et les inscriptions dans l'agglomération de Saint-Étienne-à-Arnes, les gendarmes ont fait un travail de porte à porte qui a permis d'interpeller deux garçons et une fille qui ont été placés en garde à vue dès lundi.
Mais les gardes à vue ont été levées hier matin : « Les investigations se poursuivent. Nous reprendrons les gardes à vue si des éléments nouveaux notamment résultants des constatations techniques nous permettent de les reprendre. Dans l'état actuel de notre enquête nous ne faisons pas de lien entre la profanation au sien du cimetière et les crevassions de pneus ainsi que les tags faisant plus ou moins l'apologie de Hitler sur un certain nombre de maisons de cette petite bourgade », a commenté le commandant de la gendarmerie.
Bernard DORDONNE"

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